Abonnement Copilot : ce que chaque formule Microsoft débloque
Ouvrez copilot.microsoft.com et comparez la barre latérale à celle de ses rivaux : une Bibliothèque, des Projets, un onglet Tâches en préversion, trois entrées de découverte. C’est mince, et la conclusion vient vite : Copilot serait le petit dernier de la classe. Ce serait passer à côté de la nature du produit. Copilot n’est pas une application, c’est une couche posée sur les outils où vos journées se passent déjà : Word, Excel, Outlook, Teams. L’appli en ligne n’en est que le hall d’entrée.
Dans notre comparatif des meilleurs LLM pour un usage professionnel, on le résumait d’une formule : la seule offre qui vit dans vos outils de travail. Après Claude, ChatGPT, Gemini et Mistral Vibe, voici le cinquième volet de la série, celui qui boucle la shortlist du comparatif. Même méthode : l’interface constatée d’un côté, les grilles officielles de l’autre, le tout arrêté fin juillet 2026.
L’appli en ligne : un hall d’entrée, volontairement sobre
Le socle gratuit tient dans une fenêtre de chat et quatre régimes de réponse : Smart, qui dose lui-même l’effort de réflexion, Réponse approfondie pour les sujets complexes, Étudier et apprendre, un mode tuteur à base de questionnaires et d’apprentissage guidé, et Rechercher, avec références renforcées. Pas de sélecteur de modèles ici non plus : comme Mistral, Microsoft vend des postures, pas des références techniques.


Le menu « + » complète le tour : import de fichiers (20 par conversation, 50 Mo pièce), génération d’images, recherche approfondie, questionnaires, et des connecteurs qui méritent le détour puisqu’ils branchent aussi bien OneDrive et Outlook que Gmail, Google Drive ou Google Agenda : Copilot accepte de travailler sur les données de l’écosystème d’en face. S’y ajoutent des Projets pour regrouper les conversations, une Bibliothèque des créations, un mode Temporaire pour les échanges sans trace, et l’onglet Tâches, tout juste généralisé : la tour de contrôle des travaux de fond, conversations programmées et agents qui tournent en arrière-plan.


Deux détails de réglage valent le coup d’œil. Le bandeau d’accueil annonce que l’activité de conversation peut désormais servir à entraîner les modèles, avec un lien « Je n’accepte pas » : à trancher dès la première session. Et la création de podcasts, encore visible dans le menu, quitte l’application à la mi-août : l’inventaire ne compte que ce qui reste.


Grand public : l’IA est entrée dans l’abonnement Office
Microsoft a réglé la question du prix à sa façon : en la faisant disparaître. Plus d’option IA à ajouter, Copilot est désormais compris dans les abonnements Microsoft 365 grand public : Personnel à 10 € par mois, Famille à 13 €, et un étage Premium à 22 € pour l’usage intensif. L’ancien Copilot Pro à 22 € n’est plus commercialisé, et les derniers abonnements s’éteignent début août.
La mécanique interne repose sur des crédits IA : 60 par mois sur Personnel et Famille, consommés par la génération d’images et certaines actions de Copilot dans les applications, quand la conversation standard, elle, ne décompte rien. Premium remplace le compteur par un usage étendu. Deux pièges à connaître avant de souscrire : sur un abonnement Famille, l’IA est réservée au titulaire du compte, elle ne se partage pas avec les cinq proches ; et Copilot dans Word ou Excel suppose évidemment d’utiliser Word et Excel, là où les quatre concurrents de la série vendent leur assistant sans suite bureautique.
Entreprise : l’étage qui justifie le produit
Le cœur commercial s’appelle Microsoft 365 Copilot Business : un module qui s’ajoute à une licence Microsoft 365 existante, à 18,20 € HT par utilisateur et par mois en engagement annuel, promotion à 15,60 € en cours au moment où nous écrivons. Des offres groupées existent (Business Standard avec Copilot à 20,36 € HT, Business Premium à 27,73 €), et les grandes organisations sous E3/E5 passent par leur propre grille.
Ce que cet étage change tient en un mot : l’ancrage. Copilot cesse de répondre depuis le web pour répondre depuis vos données de travail, la couche que Microsoft appelle Work IQ : les emails, les réunions Teams, les fichiers SharePoint, l’historique des projets. Rédiger le compte-rendu depuis l’enregistrement de la réunion, croiser un contrat avec l’historique du client, bâtir le PowerPoint depuis le document Word : c’est ce Copilot-là que le marché achète, avec la protection des données d’entreprise en socle (vos contenus ne servent pas à entraîner les modèles). C’est aussi celui qui demande le plus de préparation : sans gouvernance des accès, il expose à ses utilisateurs tout ce que les permissions laissent traîner, un sujet qu’on traite dans notre méthode d’intégration de l’IA en entreprise.
Les agents : Researcher, Analyst, et votre propre fabrique
L’abonnement entreprise embarque des agents préconfigurés : Researcher pour les études multi-sources ancrées sur vos données, Analyst pour faire parler les chiffres, Facilitator pour animer les réunions. À côté, Agent Builder permet de fabriquer les vôtres et de les publier dans l’Agent Store de l’organisation, et Copilot Studio industrialise l’affaire pour les équipes techniques. L’onglet Tâches de l’application sert de tableau de bord à tout ce petit monde.
Le sélecteur le plus stratégique est ailleurs : depuis peu, les sessions de travail agentiques de Copilot laissent choisir le modèle qui raisonne, GPT-5.5, Claude Opus 4.8 ou Claude Sonnet 4.6, une ouverture à la concurrence assez inédite pour être soulignée. Avec la réserve désormais habituelle de cette série : les modèles Anthropic sont désactivés par défaut dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et dans l’AELE, où l’administrateur doit les activer sciemment. Après Spark chez Google et le choix de modèle chez Microsoft, le motif se confirme : les fonctions de pointe traversent l’Atlantique avec retard, quand elles le traversent.
Un mot enfin pour les développeurs : GitHub Copilot reste un abonnement à part, avec ses propres formules, son mode agent et son écosystème. Il mériterait son inventaire dédié ; on s’en tient ici à la frontière.
Quelle formule pour quel usage
Ce que chaque formule Copilot débloque
Du chat gratuit à l'add-on entreprise (juillet 2026)
| Brique | Gratuit | M365 Perso/Famille | M365 Premium | Copilot Business |
|---|---|---|---|---|
| Prix mensuel | 0 € | 10-13 € | 22 € | + 18,20 € HT/util. |
| Chat + 4 modes de réponse | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Crédits IA (images, actions) | de base | 60/mois | étendus | usage pro |
| Recherche approfondie | ✓ | ✓ | étendue | ✓ |
| Connecteurs perso (Gmail, Drive…) | ✓ | ✓ | ✓ | × |
| Tâches + agents longs | préversion | préversion | préversion | ✓ |
| Copilot dans Word, Excel, Outlook… | × | titulaire seul | titulaire seul | ✓ |
| Ancrage données de travail (Work IQ) | × | × | × | ✓ |
| Agents Researcher + Analyst | × | × | × | ✓ |
| Créer ses agents (Studio) | × | × | × | ✓ |
| Choix du modèle (GPT, Claude) | × | × | × | hors UE |
| Protection données entreprise | × | × | × | ✓ |
| Stockage OneDrive | × | 1 To | 6 To (1/pers.) | 1 To/util. |
| Licence M365 prérequise | × | × | × | ✓ |
La grille de lecture change des quatre volets précédents, car la question n’est pas « quel forfait » mais « où travaillez-vous ». Vos journées se passent hors de Microsoft ? Le Copilot gratuit est un chat d’appoint honnête, et ses connecteurs Gmail et Google Drive rendent service, mais rien ici ne justifie de changer d’écosystème. Vous payez déjà Microsoft 365 à titre personnel ? Copilot est dans votre abonnement, autant l’ouvrir. Votre organisation vit sous Teams, Outlook et SharePoint ? L’add-on Business est le chemin le plus court de la série entre l’IA et vos journées de travail, à condition de préparer le terrain côté permissions.
La série se referme sur ce constat : cinq écosystèmes, cinq logiques (l’atelier d’agents chez Anthropic, le tout-en-un chez OpenAI, le panier garni chez Google, les trois postes chez Mistral, la couche invisible chez Microsoft), et plus personne qui vende un simple chatbot. Pour choisir le vôtre, la décision se prend avant l’outil.
Les questions qui reviennent sur l’abonnement Copilot
Copilot est-il gratuit ?
Le chat en ligne l’est : quatre modes de réponse, génération d’images, recherche approfondie et connecteurs (y compris Gmail et Google Drive), avec des quotas de base. Copilot dans Word, Excel ou Outlook, lui, suppose un abonnement Microsoft 365.
Copilot Pro existe-t-il encore ?
Non. Microsoft a cessé de le vendre fin 2025 et les derniers abonnements s’arrêtent début août 2026. Ses fonctions ont été fondues dans les abonnements Microsoft 365 grand public : Personnel (10 €/mois), Famille (13 €) et Premium (22 €) pour l’usage intensif.
Faut-il une licence Microsoft 365 pour Copilot Business ?
Oui. Copilot Business est un module qui s’ajoute à une licence Microsoft 365 existante, à 18,20 € HT par utilisateur et par mois en engagement annuel. Des offres groupées licence + Copilot existent à partir de 20,36 € HT.
Peut-on utiliser Claude dans Copilot en France ?
Pas par défaut. Copilot propose bien un choix de modèle (GPT-5.5, Claude Opus 4.8, Claude Sonnet 4.6) dans ses sessions agentiques, mais les modèles Anthropic sont désactivés d’office dans l’Union européenne, au Royaume-Uni et dans l’AELE : il faut qu’un administrateur les active explicitement.
Mes conversations servent-elles à entraîner les modèles ?
Sur le Copilot grand public, l’activité de conversation peut désormais servir à l’entraînement, avec un refus possible dans les paramètres (« Je n’accepte pas »). Sur les offres entreprise, la protection des données d’entreprise exclut vos contenus de l’entraînement.
À quoi servent les crédits IA de Microsoft 365 ?
C’est le compteur des abonnements grand public : 60 crédits par mois sur Personnel et Famille, consommés par la génération d’images et certaines actions de Copilot dans les applications. La conversation standard ne décompte rien, et Premium remplace le compteur par un usage étendu. Sur Famille, l’IA reste réservée au titulaire du compte.
En pratique chez BGT
Cet article s’appuie sur des déploiements IA réels en PME et ETI. Si vous préparez le vôtre, autant en parler avec une équipe dont c’est le métier.
Voir nos solutions IA générative →








