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Figma + Claude Code : accélérateur d’itération… mais pas magie industrielle

Une interface « née dans le code » peut désormais atterrir dans figma sous forme de calques modifiables, pas comme une simple image. Pour une équipe produit, cela change surtout la vitesse d’alignement et la manière de trancher entre variantes, sans attendre un cycle complet de développement.

Avec figma et Claude Code, un pont concret entre code et canvas

Figma et Anthropic branchent Claude Code sur un flux baptisé « Code to Canvas » : on capture l’interface telle qu’elle est rendue dans le navigateur, puis on la convertit en éléments figma éditables. Dans les faits, ce n’est pas une capture d’écran, mais une traduction en frames et calques, avec une partie de la structure conservée, notamment la mise en page automatique (auto layout). L’annonce et le fonctionnement sont détaillés dans la présentation officielle de Claude Code to Figma .

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La différence avec les outils « image vers design » est là : une image se retouche, mais ne se réorganise pas proprement. Ici, l’ossature visuelle reste exploitable, ce qui permet à une équipe design de dupliquer une vue, tester une hiérarchie, ou ajuster l’espacement, sans repartir de zéro.

Toutefois, la limite est immédiate : la logique ne voyage pas. Les états, les événements, la gestion des données et les règles métier restent dans le code. On transfère du visuel structuré, pas le comportement d’une application.

Un déroulé type qui fluidifie surtout l’exploration et la décision

En pratique, le flux ressemble à une boucle courte entre prototype codé et arbitrage visuel.

D’abord, un développeur génère ou itère une interface dans Claude Code, souvent à partir d’un prompt et d’un composant existant. Ensuite, il prévisualise dans le navigateur, que ce soit en local, en préproduction, voire en production, puis déclenche la commande « Send this to Figma » pour envoyer l’UI dans figma, comme le décrit aussi un retour d’expérience côté écosystème chez Builder.io .

L’écran apparaît alors dans figma sous forme de frames éditables. L’intérêt opérationnel est de poser, côte à côte, deux ou trois variantes issues du code, puis de les soumettre au débat : ergonomie, accessibilité, cohérence de marque, densité d’information.

Dans ce contexte, la revue change de nature. Plutôt que commenter des captures isolées ou une vidéo, l’équipe annote directement une matière modifiable, et peut explorer des alternatives sans redemander « un petit ajustement » au développeur à chaque itération.

Le retour vers le code est possible via le protocole de contexte de modèle (Model Context Protocol, MCP), c’est-à-dire un standard de connexion entre assistants et outils. Figma explique l’enjeu du « contexte de design » et de ces passerelles dans sa note sur le design context . Mais la réimportation reste la zone la plus fragile : si votre système de composants et de jetons n’est pas solide, la traduction produit du code « proche visuellement » mais coûteux à maintenir.

Mise en route rapide : valider le principe avant d’industrialiser

À court terme, le meilleur usage est de tester vite, sur une surface simple. Il faut un accès figma, Claude Code et un navigateur, puis connecter figma via MCP.

L’installation se fait en quelques minutes : ajout du serveur MCP figma, puis authentification via autorisation déléguée (OAuth), c’est-à-dire une connexion qui évite de partager votre mot de passe à l’outil tiers. Les étapes sont décrites dans la documentation et les annonces produit, à commencer par l’article officiel Claude Code to Figma .

Premier test conseillé : une page de paramètres, un formulaire, ou une liste. Ce type d’écran révèle vite si l’auto layout, la typographie et les espacements restent propres après conversion.

Dans les faits, trois réflexes aident dès le départ : capturer un état stable (contenu non aléatoire), nommer clairement la frame, et conserver une version « baseline » avant modifications. Cela évite de confondre exploration et source de vérité.

Les cas d’usage qui font gagner du temps, et ceux qui en font perdre

Pour les équipes produit, le retour sur investissement vient surtout de la réduction des allers-retours et du temps de décision.

Cas d’usage n°1 : prototypage accéléré. Un développeur obtient trois propositions via code généré, puis les envoie dans figma pour arbitrage. On gagne du temps sur le débat, pas seulement sur l’implémentation.

Cas d’usage n°2 : alignement sur une fonctionnalité existante. On capture l’existant depuis le navigateur, on le « nettoie » dans figma, et on documente ce qui doit évoluer. Cette approche est utile quand le produit a dérivé du système de design.

Cas d’usage n°3 : refonte incrémentale et système de design. En ramenant l’UI dans figma, on visualise les écarts de composants et de variables, puis on priorise. À ce stade, les outils figma orientés génération et prototypage, comme Figma Make , complètent le tableau, même si le point de départ n’est pas le même.

À éviter quand l’objectif est d’aller vite : interfaces très interactives et dépendantes d’états complexes, ou parcours multi-écrans qui exigent un assemblage fin. Et si l’ambition est « prêt pour la production » sans système de design robuste, le risque est de créer de la dette technique.

Points de vigilance : quatre pièges classiques et des parades simples

  • Croire au « retour parfait » : gardez figma pour décider et explorer, puis implémentez proprement dans le code.
  • Laisser les annotations polluer l’extraction : séparez une version de revue et une version d’extraction.
  • Sous-estimer la dette de design system : sans jetons et composants cadrés, l’IA fige des valeurs en dur.
  • Oublier les contraintes d’environnement et d’offre : certaines fonctions dépendent de modules et de plans ; vérifiez avant déploiement, y compris via les éléments exposés dans le serveur MCP figma open source .

Mesurer les gains sans s’auto-convaincre

Les promesses marketing parlent parfois de gains spectaculaires, mais les gains « bout en bout » sont souvent plus modestes. Un papier de TheStreet rapporte l’impact perçu sur l’organisation du travail et les embauches, tout en rappelant l’écart entre discours et réalité terrain, dans son analyse sur la stratégie figma .

Dans une entreprise, les bons indicateurs sont concrets : temps de revue design, nombre d’allers-retours après retour produit, temps de “polish” d’une interface, volume de retouches après validation. Si ces métriques baissent, l’intégration crée de la valeur, même sans révolution.

Conclusion : figma ne devient pas une usine à code « parfait », mais un accélérateur d’itération et d’alignement autour d’UI générées rapidement. Le bénéfice maximal apparaît quand le système de design est mûr ; sinon, on déplace simplement le coût vers la maintenance. Le bon départ est un pilote sur une fonctionnalité simple, avec des règles claires de boucle « capture, variantes, décision, implémentation ».

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