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Openai lance ChatGPT Translate et bouscule Google Traduction

OpenAI lance discrètement ChatGPT Translate, gratuit, et vise la traduction du quotidien jusque-là captée par Google Traduction. Pour les entreprises, l’enjeu est simple : produire vite des textes localisés qui sonnent juste, sans y passer des heures.

Ce guide montre comment l’utiliser pour localiser un site, du support et des campagnes, et ce que l’outil fait mieux — ou moins bien — que Google Traduction et DeepL.

Ce que change openai avec ChatGPT Translate, et pourquoi Google est visé

ChatGPT Translate est une interface web dédiée à la traduction : double panneau, détection automatique de la langue, rendu en temps réel, et accès gratuit sans compte. OpenAI l’a déployé sans grande annonce, repéré notamment par Slator et Engadget .

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Dans les faits, OpenAI ne vend pas seulement une “traduction”. L’ambition est d’obtenir une version qui respecte le sens, mais aussi le ton et le contexte, là où Google Traduction reste très “outil utilitaire” pour aller vite et couvrir large.

Dans ce contexte, le positionnement se clarifie :

  • Google Traduction domine par l’omniprésence et la couverture linguistique ( Google annonce 133 langues, selon des comparatifs de marché repris par des acteurs de la localisation comme Weglot ).
  • DeepL est souvent choisi pour une qualité très régulière sur les langues européennes, avec une logique plus “production” et des limites sur l’offre gratuite.
  • OpenAI tente de prendre la place du “traducteur itératif” : on traduit, puis on ajuste la formulation comme on le ferait avec un collègue.

Cette offensive arrive au moment où l’on demande de plus en plus aux équipes marketing et support de “parler local” à grande vitesse. C’est exactement le terrain où une traduction plus nuancée peut faire la différence.

Prise en main express — comment l’utiliser en 3 minutes

L’accès est direct via chatgpt.com/translate, avec des variantes locales. L’outil est utilisable sans abonnement, et sans connexion..

Côté interface, on retrouve un fonctionnement familier : texte source à gauche, traduction à droite. La langue d’origine est détectée automatiquement, et vous choisissez la langue cible via un menu.

En pratique, évitez de coller un pavé unique. Segmentez par blocs : titres, paragraphes, puis appels à l’action. Séparez aussi les éléments courts (boutons, menus) pour garder la maîtrise du ton et de la longueur.

Le point clé, ce sont les boutons de style proposés après la traduction : “plus fluide”, “professionnel”, “niveau enfant”, “académique”. Selon Engadget et Android Authority , ces choix renvoient ensuite vers l’interface de discussion de ChatGPT, afin d’itérer : demander une variante, préciser le public, ou corriger une expression.

Autrement dit : ChatGPT Translate sert de porte d’entrée rapide, puis la conversation sert de “salle de retouche”.

Localiser efficacement (site, support, campagnes) — un workflow opérationnel

Étape A : cadrer avant de traduire. Vous gagnerez plus de temps ici qu’en retouchant ensuite. Fixez le pays, le registre, le tutoiement/vouvoiement, et les contraintes : longueur des boutons, formulation des garanties, mentions légales, et mots à conserver.

Étape B : créer un mini-brief réutilisable. Copiez-collez ce modèle dans la conversation après une première traduction, puis réutilisez-le pour tous les contenus d’une même langue.

Modèle de mini-brief :

Langue source : [FR]

Langue cible : [ES] Variante : [es-MX ou es-ES]

Ton de marque : sobre, direct, sans superlatifs

Niveau de formalité : vouvoiement, politesse standard

Typographie : guillemets locaux, espaces avant ponctuation selon la langue

À ne pas traduire : noms produits, noms d’offres, acronymes internes

Termes imposés : “essai gratuit” = “prueba gratis”, “support” = “asistencia”

Termes interdits : [liste]

Étape C : glossaire et cohérence. ChatGPT Translate n’intègre pas encore un vrai glossaire d’entreprise. Toutefois, vous pouvez simuler un glossaire en imposant une liste de termes obligatoires et une liste de termes interdits dans le mini-brief.

Ensuite, appliquez une méthode simple en trois passes : traduction 1, relecture, harmonisation. Dans la dernière passe, demandez explicitement : “harmonise la terminologie selon le glossaire ci-dessus, sans changer le sens”.

Étape D : cas concrets.

Pour un site web, ciblez d’abord les pages à impact : pages produit, pages tarifs, et microtextes (menus, boutons, messages d’erreur). Pour les métadonnées liées au référencement, soyez prudent : ChatGPT peut proposer une reformulation “plus vendeuse”, mais vous devez contrôler la longueur des titres et la cohérence des mots-clés.

Pour le support client, partez des macros : réponses types, e-mails de suivi, et scripts de résolution. Dans certains pays, l’attente de politesse et de clarté varie fortement, et une traduction trop littérale dégrade la satisfaction.

Pour le marketing, l’outil devient intéressant sur les accroches, annonces et pages d’atterrissage. Vous pouvez demander plusieurs variantes de ton, puis tester. Des analyses d’usage relayées par Les Numériques insistent sur cet avantage : itérer vite sans repartir de zéro.

Contrôle qualité rapide, même sans être traducteur

Une traduction “qui sonne bien” peut contenir un contresens discret. Il faut donc un contrôle minimal, surtout en contexte client.

Commencez par une vérification basique : nombres, unités, dates, noms propres, liens, et termes métier. Contrôlez aussi la cohérence du tutoiement/vouvoiement, et les négations, souvent sources d’erreurs.

Ensuite, utilisez la rétrotraduction (back-translation) : demandez de retraduire le texte cible vers la langue source, puis comparez au texte initial. Si le sens a dérivé, vous le verrez vite.

Enfin, demandez une justification sur les passages critiques : “explique tes choix pour cet idiome et propose deux alternatives”. Cela force l’outil à expliciter, et vous aide à arbitrer.

Points de vigilance

  • Hallucinations : l’outil peut inventer une précision ou “arrondir” un fait, surtout sur des sujets techniques.
  • Sur-interprétation : en cherchant à améliorer le style, il peut ajouter une intention commerciale qui n’existait pas.
  • Jargon métier : sans glossaire, il peut varier les termes et casser la cohérence.
  • Validation humaine indispensable : juridique, médical, contrats, conformité, et tout contenu à risque réglementaire.

ChatGPT Translate vs Google Traduction vs DeepL — choisir sans se tromper

Pour décider, il faut partir du besoin réel : vitesse, couverture, ou rendu “prêt à publier”. Les premiers retours recensés par Android Central et PhonAndroid soulignent des forces, mais aussi des manques encore nets.

OutilMeilleur pourÀ surveiller
ChatGPT TranslateNuance, ton, itérations rapides, adaptation au publicPas d’images, pas de documents, pas de traduction d’URL ; couverture de langues parfois incohérente selon les tests
Google TraductionCouverture très large, usages mobiles, traduction d’images et de voixStyle parfois plat, peu d’itération guidée pour un ton de marque
DeepLCohérence et qualité “pro” sur langues européennes, usages documentaires selon les offresAccès gratuit plus limité, couverture linguistique plus restreinte

Recommandations rapides par scénario :

Voyage et compréhension immédiate : Google Traduction reste plus pratique, surtout pour l’image. À court terme, ChatGPT Translate est moins armé sur ce point.

PME orientée marketing : ChatGPT Translate est un bon accélérateur, si vous imposez un mini-brief et une relecture. Vous gagnerez sur le ton et la cohérence perçue.

Équipe support : ChatGPT Translate peut aider à produire des macros plus naturelles. Gardez une validation interne sur les sujets sensibles et les engagements.

Traduction technique et documentation : DeepL ou un flux de localisation outillé reste plus robuste. Les grands volumes et la traçabilité ne sont pas le point fort de ChatGPT Translate aujourd’hui.

Un outil très utile pour “sonner juste”, pas encore pour industrialiser

ChatGPT Translate est immédiatement utile pour produire des traductions plus naturelles quand le ton compte, notamment en marketing, support et communication. Il accélère un workflow léger, à condition d’imposer un mini-brief et une assurance qualité minimale.

Toutefois, ce n’est pas encore un outil de localisation industrielle : pas de traduction d’images, pas de documents, pas de site complet via URL, et une couverture de langues qui semble varier selon le déploiement. Pour ces besoins, Google Traduction, DeepL ou des outils dédiés restent plus adaptés, en attendant les évolutions attendues sur les glossaires, les intégrations et le multimodal.

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