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Chatbot rag sur mesure : guide simple pour une V1 fiable

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Un responsable support ouvre le tchat, et l’assistant répond… mais invente la moitié. Dans beaucoup d’entreprises, les chatbots « classiques » hallucinent et vieillissent vite, car ils ne connaissent pas vos mises à jour.

La promesse d’un chatbot rag sur mesure : répondre à partir de vos propres documents, et rester à jour sans chantier interminable. Voici une méthode pas-à-pas, pensée pour produit, support ou PME, avec des choix simples et des garde-fous.

RAG en 5 minutes : répondre depuis vos documents, pas depuis le vide

La génération augmentée par récupération (RAG) combine deux gestes. D’abord, le système va chercher des passages pertinents dans vos sources. Ensuite, un modèle de langage (LLM) rédige la réponse en s’appuyant sur ces extraits.

Dans les faits, c’est un changement pratique : vous mettez à jour la base documentaire, et le bot suit. Vous évitez de « ré-entraîner » le modèle à chaque évolution, et vous réduisez les réponses inventées, car le texte est ancré dans des éléments retrouvés.

Trois vignettes, très concrètes :

  • Support produit : le bot répond depuis vos manuels, notes de version et pages de dépannage, et cite la section exacte. L’équipe réduit les tickets simples, tout en gardant une traçabilité.
  • Assistant interne : il retrouve la bonne procédure pour un congé, un accès informatique, ou une règle d’achat. Pour les équipes, c’est du temps gagné et moins d’interruptions.
  • PME : il s’appuie sur catalogue, conditions commerciales et procédures, pour répondre vite aux questions récurrentes. À court terme, cela soulage la relation client sans recruter.

Quand RAG n’est pas la bonne solution. Si les connaissances sont stables et les tâches très répétitives, un bon « art de formuler la consigne (prompting) » suffit souvent. Si vous cherchez surtout un style très spécifique, l’affinage (fine-tuning) est plus adapté. Et si le bot doit calculer, appeler des outils ou agir dans des systèmes, il faut plutôt un agent avec outils (agent + tools), donc une logique d’exécution en plus de la recherche.

Visualiser l’architecture type avant d’ouvrir l’editeur

Un chatbot RAG fiable suit presque toujours le même pipeline. Vous ingérez des documents, vous les découpez, vous les transformez en représentations numériques (embeddings), puis vous les stockez dans une base de vecteurs (vectordb). Au moment d’une question, vous faites une recherche des meilleurs résultats (top-k), parfois avec reclassement (rerank) ou recherche hybride, puis vous construisez un « prompt augmenté » envoyé au LLM.

En pratique, les échecs viennent rarement du LLM. Ils viennent de la préparation des documents, d’un découpage incohérent, d’une recherche trop large, d’un contexte trop long, ou d’instructions ambiguës.

Checklist des décisions, avec valeurs par défaut pragmatiques : taille de chunk 600 tokens, recouvrement (overlap) 20%, top-k à 5, embeddings génériques de bonne qualité, base vectorielle simple au départ, et une stratégie de citations obligatoire dans la réponse.

Soigner la connaissance : la phase qui fait gagner ou perdre la confiance

Commencez par inventorier les sources réellement utiles. PDF de documentation, pages Notion ou Confluence, centre d’aide web, base de questions fréquentes, tickets support résolus : tout peut servir, à condition d’être exploitable.

Dans ce contexte, le nettoyage vaut plus que la quantité. Supprimez les doublons, identifiez la version « source de vérité », et gardez les dates et versions, car elles servent au filtrage.

Le découpage (chunking) est votre levier numéro un. Trop gros, vous récupérez un pâté flou ; trop petit, vous perdez le sens.

Recommandations simples : pour texte et questions fréquentes, visez 400 à 800 tokens avec 15 à 25% de recouvrement. Pour des documents structurés en Markdown, respectez titres et sous-titres afin de préserver la logique. Pour les tableaux, évitez de fragmenter : convertissez-les en texte lisible, sinon le bot répond souvent à côté.

Ajoutez des métadonnées utiles dès le départ : produit, version, date, langue, type (procédure ou question fréquente), et un niveau de confiance si certaines sources sont fragiles. À la fin, vous devez avoir un corpus prêt à indexer et un protocole de mise à jour clair, sinon le bot se dégrade sans que personne ne s’en rende compte.

Choisir un empilement d’outils sans se compliquer la vie

Option A, pour démarrer vite : LangChain + Chroma en local + une API de LLM. C’est rapide pour une preuve de concept, et suffisant pour apprendre.

Option B, pour une PME ou une petite production : LangChain + une base managée (Pinecone ou Weaviate) + API de LLM. Vous payez un service, mais vous gagnez en stabilité et en montée en charge.

Option C, si vos données ne doivent pas sortir : base open source auto-hébergée (Weaviate ou Milvus) + modèle open source, sur réseau privé. Vous gardez le contrôle, mais vous assumez l’exploitation.

Décision en clair : plus vous voulez du contrôle et de la conformité, plus vous prenez de maintenance. Plus vous voulez aller vite, plus vous acceptez un service managé.

Tutoriel pas-a-pas : une V1 fonctionnelle, puis integrable

Étape 0 : préparez un environnement Python isolé, vos clés d’API si besoin, et un dossier de documents. Fixez un périmètre : un produit, une gamme, ou un processus interne.

Étape 1 : ingérez les documents avec un chargeur (loader). Pour des PDF difficiles, prévoyez une extraction robuste, avec reconnaissance optique de caractères (OCR) si nécessaire.

Étape 2 : appliquez le chunking et ajoutez les métadonnées. Gardez un identifiant de source et un lien interne, car vous en aurez besoin pour citer.

Étape 3 : calculez les embeddings et créez l’index dans la vectordb. Cette étape est souvent la plus longue au premier passage, mais elle se gère ensuite en incrémental.

Étape 4 : mettez en place la recherche par similarité, avec top-k à 5 comme point de départ. Ajustez seulement après tests, sinon vous vous perdez.

Étape 5 : écrivez un prompt RAG strict. Règle simple : répondre uniquement avec le contexte fourni ; si l’information n’y est pas, dire « je ne sais pas » et proposer une escalade ou une question de précision.

Étape 6 : construisez une interface de chat rapide avec Gradio, puis exposez un point d’accès (endpoint) via Flask ou FastAPI pour l’intégrer au produit. À ce stade, vous avez un bot testable par une équipe métier.

Étape 7 : activez la réponse en flux (streaming) et gérez l’historique de conversation (mémoire) sans noyer le contexte. En pratique, résumez l’historique, et gardez la place pour les extraits retrouvés.

Livrable attendu : une V1 qui répond sur un corpus limité, cite ses sources, et sait refuser quand elle manque d’éléments.

Rendre le bot fiable : moins d’hallucinations, plus de bonnes reponses

Trois causes reviennent en boucle. Mauvaise récupération : les mauvais documents remontent. Contexte insuffisant : la bonne phrase n’est pas dans les extraits. Sur-confiance : le LLM comble les trous.

Toutefois, beaucoup d’améliorations coûtent peu : filtrez par métadonnées (produit, version, langue) pour éviter les collisions. Activez une recherche hybride (hybrid search), qui combine mots-clés et vecteurs, utile pour des noms de produits ou des codes précis. Ajoutez un rerank : récupérer 50 candidats, puis n’en garder que 5 vraiment pertinents.

Rendez l’ancrage visible : réponses avec citations et extraits, pas seulement un texte final. Cela réduit les contestations et accélère la validation côté métier.

Paramètres à régler avec méthode : taille de chunk, overlap, top-k, température, longueur maximale, et un seuil de similarité sous lequel le bot refuse. Pour mesurer la qualité, les métriques de précision et rappel sont une base classique ; elles sont décrites dans les métriques de recherche d’information, souvent utilisées en RAG.

Sur le sujet des limites des LLM et des hallucinations, OpenAI documente les comportements attendus et les précautions d’usage dans sa documentation de bonnes pratiques : guide OpenAI sur la fiabilite et les limites des modeles . Pour la recherche vectorielle et les options de recherche hybride, Pinecone détaille les principes et réglages courants : documentation Pinecone sur la recherche vectorielle et hybride .

Passer de la demo a l’outil d’equipe, sans explosion des couts

Hébergement : serveur interne, cloud, ou intranet. Le bon choix dépend de la latence attendue et du budget tokens, donc du volume de conversations.

Dans les faits, la mise à jour continue fait la différence. Mettez des tâches planifiées, ou des webhooks depuis vos outils (CMS, Notion, Drive), plus un versioning simple pour revenir en arrière si une source est cassée.

Côté pilotage, instrumentez dès le départ : journaux de requêtes, documents récupérés, taux d’escalade vers un humain, temps de réponse, et coût par conversation. Ajoutez une mesure du taux de « je ne sais pas » utile, car un refus bien placé évite des erreurs coûteuses.

Sécurité minimum : contrôle d’accès par rôles (RBAC), chiffrement en transit et au repos, masquage des données personnelles (PII), et politique de rétention des conversations. Pour les équipes, cela évite que le bot devienne un nouveau point de fuite.

Pieges frequents et regles d’or qui evitent les mauvaises surprises

Piège 1 : indexer trop, au lieu d’indexer mieux. Le bruit fait remonter des passages plausibles mais faux.

Piège 2 : chunks trop gros ou trop petits. Dans un cas, la recherche est floue ; dans l’autre, la réponse manque de contexte.

Piège 3 : confondre conversation et connaissance. La mémoire sert à suivre l’échange, pas à remplacer la base documentaire.

Piège 4 : promettre un expert universel. Définissez un périmètre, des sources, et un niveau de service, sinon la confiance s’effondre.

Points de vigilance (à relire avant mise en production) : borne claire du périmètre, sources « vérité » identifiées, citations obligatoires, boucle de retour du support, tests réguliers après chaque mise à jour, et mécanisme d’escalade humain.

Conclusion : oui, une V1 est « facile » en quelques heures ou jours, surtout avec des briques existantes. Mais la qualité dépend surtout des données et de l’itération, notamment sur chunking, récupération, et suivi en production. La bonne stratégie consiste à démarrer par un cas d’usage interne limité, mesurer, puis industrialiser avec filtrage, rerank, mises à jour automatiques et garde-fous de sécurité.

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