Claude devient votre tableau de bord Slack, Figma et Canva
Claude ne se contente plus de « répondre » : il peut afficher et piloter des outils comme Slack, Figma ou Canva directement dans le chat. Pour une entreprise, la promesse est simple : moins de copier-coller, moins d’allers-retours, et des flux de travail qui avancent plus vite, à condition d’activer les bons réglages.
Ce qui vient d’être lancé : Claude devient une “super-app” de travail
Anthropic pousse Claude vers une logique de plateforme : au lieu de produire uniquement du texte, l’assistant peut désormais afficher des applications et interagir avec elles depuis la conversation. C’est l’idée derrière MCP Apps, une extension annoncée début 2026 et décrite comme une façon de « faire entrer les apps dans Claude » ( Le Monde Informatique, InformatiqueNews ).
Dans les faits, la différence avec des connecteurs « classiques » est visible. Avant, Claude pouvait déclencher une action ou aller chercher des informations via une intégration, puis revenir avec un résultat. Désormais, l’utilisateur voit aussi l’interface de l’outil, peut intervenir en direct, corriger, valider et itérer dans le même fil.
Cette stratégie rappelle la bataille actuelle autour des écosystèmes d’assistants. Les acteurs veulent devenir l’endroit où le travail « commence et se termine », pour limiter la dispersion des usages et garder l’utilisateur dans un seul environnement ( voir aussi la synthèse de ZDNet France ).
À retenir : la fonction est disponible sur web et ordinateur, elle est réservée aux plans payants, et les applications capables d’afficher une interface sont signalées comme interactives dans la liste des connecteurs ( aide officielle Claude sur les intégrations ).
Comment ça marche (sans jargon inutile) : MCP, le standard qui rend les intégrations interchangeables
Sous le capot, Anthropic s’appuie sur le protocole de contexte de modèle (MCP). L’idée est d’en faire un standard pour connecter un assistant à des outils, un peu comme un « port universel » : on branche, et l’assistant découvre ce qu’il peut faire, sans réinventer une intégration à chaque fois.
En pratique, MCP réduit le sur-mesure. Les équipes techniques ne repartent pas de zéro pour chaque couple « outil + assistant », et l’entreprise peut faire évoluer son parc d’applications plus facilement. Cette logique de standard ouvert est détaillée dans la documentation et plusieurs analyses de l’écosystème ( docs MCP, BearingPoint sur MCP ).
MCP Apps ajoute une brique : l’affichage d’interfaces dans le chat, généralement via des cadres isolés (iframes) exécutés dans un environnement de sécurité (sandbox). Concrètement, Claude peut montrer un tableau, un formulaire, un aperçu de maquette ou un module interactif, puis suivre vos clics et vos validations pour poursuivre la tâche.
Ce que l’utilisateur voit est simple : des widgets, des aperçus, des boutons d’action et parfois des tableaux de bord. L’intérêt est de garder le contexte de discussion au même endroit que l’exécution.
Catalogue et “jobs to be done” : Slack/Figma/Canva/Asana… qui sert à quoi ?
L’offre de départ vise les usages « cœur de journée » : communication, gestion de projet, design, contenus et analyse. Les intégrations mises en avant couvrent notamment Slack, Figma, Canva, Asana, monday.com, ainsi que des outils orientés données comme Amplitude ou Hex ( Blog du Modérateur, ZDNet France ).
Pour les équipes, la valeur varie selon l’outil :
Slack : produire un message propre, résumer un fil, et surtout convertir une discussion en décisions et en actions traçables.
Figma et FigJam : commenter une maquette avec du contexte, formuler des pistes d’amélioration, et produire des spécifications plus exploitables par les développeurs ( Figma décrit aussi des usages autour de FigJam dans son billet sur Claude et FigJam ).
Canva : décliner une présentation, un visuel ou une série d’assets à partir d’un brief, puis ajuster les variantes sans repartir d’un document vierge.
Asana et monday.com : transformer une conversation en plan d’exécution, avec tâches, responsables et échéances ( Asana documente aussi l’intégration dédiée dans sa ressource ).
Amplitude et Hex : passer d’une question métier à un graphique et à un court rapport, en s’appuyant sur des données réelles plutôt que sur des suppositions.
Anthropic évoque aussi l’arrivée d’intégrations orientées relation client (CRM), comme Salesforce, ce qui ouvrirait un terrain évident côté opérations commerciales : suivi d’opportunités, relances, comptes rendus, et hygiène de données.
3 workflows concrets (scénarisés) pour se projeter rapidement
Workflow A (Marketing/Comms) : “Canal Slack → résumé + décisions → création de tâches Asana”
Une équipe lance une campagne. Le fil Slack devient vite illisible, surtout après plusieurs fuseaux horaires.
Ce qui prend du temps d’habitude : relire, trier les avis, écrire une synthèse, puis recréer des tâches à la main.
Ce qui est automatisé maintenant : Claude résume, extrait les décisions, propose des responsables, puis crée directement les tâches dans Asana. L’équipe ne perd pas le fil et valide au fur et à mesure.
Workflow B (Produit/Design) : “Maquette Figma → audit UX → brief dev + checklist QA”
Un designer dépose une maquette de page d’inscription. Les retours partent dans tous les sens entre commentaires et captures.
Ce qui prend du temps d’habitude : consolider les retours, identifier les incohérences d’interface, rédiger un brief exploitable.
Ce qui est automatisé maintenant : Claude affiche la maquette, signale les points de friction, rappelle des règles simples d’accessibilité, puis génère un brief de développement et une liste de vérification qualité.
Workflow C (Data/Exec) : “Amplitude → graphiques → note exécutive hebdo”
Le lundi matin, il faut expliquer l’évolution de l’activation et de la rétention. Le tableau de bord existe, mais la lecture reste chronophage.
Ce qui prend du temps d’habitude : ouvrir plusieurs vues, exporter, mettre en forme, écrire une note à la main.
Ce qui est automatisé maintenant : Claude affiche les graphiques, aide à choisir les bons découpages, puis rédige une note courte avec faits, interprétation et points à surveiller.
Mise en route : activer les intégrations (utilisateur vs organisation)
L’activation est volontairement simple, mais il faut distinguer l’usage individuel et le déploiement d’équipe.
Côté utilisateur, le chemin le plus direct passe par Paramètres, puis Connecteurs, puis Connecter. Une autre voie existe depuis une conversation, via le bouton « + » pour ajouter des connecteurs ( pas à pas détaillé dans la documentation d’aide Claude ).
Côté Team ou Enterprise, l’administrateur active d’abord les intégrations au niveau de l’organisation, puis chaque membre s’authentifie lors de sa première utilisation. L’authentification suit en général l’autorisation ouverte (OAuth), c’est-à-dire un mécanisme standard qui accorde un accès contrôlé sans partager son mot de passe.
Pour déployer vite sans se tromper, gardez une logique « petit périmètre, valeur rapide ». Commencez par deux ou trois cas d’usage, puis élargissez.
Gains réels et limites : où la promesse est forte, où ça se complique
Le gain le plus immédiat est la réduction des changements de contexte : on ne saute plus sans arrêt d’un onglet à l’autre pour relire, reformater et recopier. Pour les équipes, cela accélère aussi les boucles de retour, surtout sur le design et la coordination.
Toutefois, l’automatisation n’est pas magique. La qualité dépend du contexte disponible, et un fil Slack mal structuré produira une synthèse discutable. Les décisions sensibles doivent rester validées par un humain, notamment quand on touche à la relation client, au juridique ou aux chiffres.
Autre point à surveiller : la dépendance à l’écosystème. Plus les flux passent par une interface centrale, plus il devient coûteux de changer d’outil, ou de revenir à des processus classiques.
Sécurité et gouvernance : le vrai sujet côté entreprise
Faire entrer des outils dans une conversation élargit mécaniquement la surface d’attaque. Le risque principal n’est pas théorique : un connecteur trop généreux peut exposer des données sensibles, ou autoriser des actions non prévues.
Anthropic met en avant des protections techniques, comme l’isolement des interfaces et des mécanismes de traçabilité. Des analyses insistent aussi sur la nécessité de repenser la sécurité quand l’IA devient « opératrice » dans des outils métiers ( InformatiqueNews sur les enjeux de sécurité autour de MCP ).
Points de vigilance :
- Appliquer le principe du moindre privilège : n’ouvrez pas tout un espace, commencez par un périmètre réduit.
- Créer des espaces dédiés pour les interactions avec Claude, plutôt que d’exposer des répertoires complets.
- Définir des règles simples : ce qui peut être automatisé, ce qui doit être validé, et ce qui est interdit.
- Mettre en place une revue régulière des accès et des connecteurs actifs, comme on le ferait pour un compte administrateur.
- Former les équipes : une intégration utile devient risquée si elle est utilisée « par défaut » sur des contenus sensibles.
Conclusion
Pour une entreprise, l’intérêt est moins celui d’un « nouveau chatbot » que celui d’une nouvelle interface de travail. Claude relie enfin la discussion à l’exécution, ce qui débloque des gains rapides sur les résumés, les briefs et les retours sur maquettes.
La faisabilité est bonne : l’activation se fait en quelques clics, et les droits restent alignés sur ceux des outils connectés ( guide d’activation des intégrations ). Mais un déploiement efficace exige une gouvernance claire, sinon la promesse de productivité se paie en risques et en confusion.
À court terme, la valeur est souvent maximale sur 2 ou 3 flux bien choisis. La promesse de « tout faire dans Claude » dépendra ensuite de la maturité des connecteurs, et de la discipline collective à cadrer les usages.

