Gemini arrive dans Google Meet en France et change vos reunions
Un manager enchaîne trois réunions, ressort avec des décisions floues, puis passe une heure à reconstruire un compte rendu. Début 2026, Google promet de rogner ce temps perdu avec gemini dans Google Meet, désormais déployé en France et plus largement en Europe.
Pour les entreprises, l’enjeu est simple: mieux suivre « qui fait quoi » sans transformer chaque réunion en exercice de secrétariat, tout en gardant la maîtrise sur la confidentialité et la diffusion.
Ce que gemini apporte en France: calendrier, perimetre et prerequis
Dans les faits, Google étend progressivement (déploiement graduel) les fonctions d’assistance en réunion de gemini dans Meet à davantage d’entreprises, au-delà des seules grandes organisations. Google confirme que l’accès s’élargit à Google Workspace Business Standard et aux offres supérieures, avec une montée en charge étalée sur plusieurs jours selon les domaines. Le calendrier et la logique du déploiement sont détaillés dans la note officielle Google Workspace Updates sur l’extension d’Ask Gemini.
À court terme, il faut retenir trois points pratiques.
D’abord, le poste de travail est servi en premier: les fonctions arrivent sur ordinateur, puis sur mobile (Android/iOS) en février, selon le même principe de déploiement graduel, comme le relaient des observateurs de la feuille de route Meet 9to5Google sur l’extension d’Ask Gemini .
Ensuite, la langue: le français fait partie des langues ajoutées début février, ce qui est décisif pour des comptes rendus réellement exploitables en interne. Google insiste aussi sur une contrainte structurante: une seule langue par réunion, ce qui oblige à choisir la langue « de référence » quand les équipes sont internationales.
Enfin, le prérequis côté entreprise est surtout contractuel et administratif: il faut disposer de la bonne édition Google Workspace, puis activer les options associées dans la console d’administration, en tenant compte des unités d’organisation et des groupes.

Deux fonctions a comprendre: l’assistant en direct et la prise de notes automatisee
Google met en avant deux briques complémentaires: l’une aide pendant la réunion, l’autre sécurise l’après-réunion.
Ask Gemini, un assistant en direct dans la barre laterale
Ask Gemini est un assistant de réunion qui répond à des questions en s’appuyant sur ce qui a été dit pendant l’échange. En pratique, l’utilisateur ouvre une barre latérale et peut demander une synthèse ou un rappel sans interrompre le flux.
Les requêtes les plus utiles en entreprise sont souvent terre-à-terre: « Qu’a-t-on décidé? », « Quels sont les prochains jalons? », « Résume les points clés », « Qui fait quoi? ». L’intérêt, c’est d’éviter les reformulations répétées et de remettre tout le monde au même niveau, notamment quand une partie de l’équipe rejoint tard.
Toutefois, les limites comptent autant que la promesse. Selon la documentation produit, l’assistant dépend du moment où l’on rejoint la réunion et ne couvre pas certains contextes comme les salles de répartition (breakout rooms) au sens de Meet. Google liste ces contraintes, ainsi que les conditions d’usage, dans son aide officielle Fonction Ask Gemini dans Google Meet .
Take notes for me, un compte rendu structure rattache au calendrier
Take notes for me est la prise de notes automatisée de Meet. Quand elle est activée, elle génère un document Google Docs structuré et le rattache à l’événement Google Agenda, pour éviter les comptes rendus qui se perdent dans des fils de courriels.
Le document vise un format opérationnel: résumé, décisions, actions, prochaines étapes. Google décrit le fonctionnement, l’activation et les attendus de sortie dans sa page d’assistance Prendre des notes automatiquement dans Google Meet .
Un point utile pour le quotidien est Summary so far, une synthèse « en cours de route ». Pour les équipes, cela sert à rattraper une réunion commencée sans vous et à vérifier que les décisions critiques sont bien captées, avant de se retrouver avec un compte rendu incomplet.
Tester proprement en entreprise: une methode simple qui evite les faux departs
Dans ce contexte, le succès tient moins à la technologie qu’aux règles de fonctionnement. Côté direction des systèmes d’information, l’activation peut se gérer finement par périmètre, ce qui permet un pilote limité avant généralisation.
Commencez par vérifier l’édition Google Workspace et l’éligibilité, puis activez les fonctions pour une ou deux équipes volontaires. La logique de déploiement graduel peut créer des décalages d’apparition, ce qui plaide pour un test sur quelques semaines.
Pendant la réunion, annoncez clairement l’usage de la prise de notes et vérifiez que la synthèse en cours reflète bien les décisions. Après la réunion, prévoyez une relecture dans l’heure: corriger une action, préciser un responsable, ajouter un contexte.
Enfin, rangez le document au bon endroit et liez-le au suivi projet. L’objectif est que le compte rendu devienne un outil d’exécution, pas un texte archivé.
Points de vigilance: qualite, confidentialite et effet culturel
- L’outil produit un document de travail, pas un proces verbal: une relecture humaine reste indispensable pour les décisions sensibles.
- La confidentialité dépend de vos droits d’accès et de vos règles internes: Google met en avant un fonctionnement aligné sur les autorisations et la gouvernance existantes, documenté dans ses ressources sur la sécurité de gemini Principes de sécurité de Gemini .
- La qualité du résultat varie avec l’audio et la durée: réunions trop courtes ou très longues donnent souvent des sorties moins utiles, et la mono-langue par réunion oblige à trancher.
- Le piège managérial est l’inflation des réunions: si « tout est résumé », la tentation est d’en faire plus. Il faut au contraire viser moins de réunions, mieux exploitées.
Face a Teams et Zoom, Google joue l’intégration et l’accès élargi
Le positionnement de Google est clair: intégrer l’assistance directement dans Meet et l’écosystème Google Workspace, au lieu de la réserver à une surcouche ou à un outil tiers. L’élargissement à Business Standard marque un basculement vers les PME et ETI, confirmé par la communication officielle Google Workspace Updates sur l’extension Business Standard .
Dans les organisations déjà équipées Google, l’avantage est la simplicité de déploiement et l’ancrage dans les documents et l’agenda. À l’inverse, des outils spécialisés peuvent rester pertinents quand il faut des fonctions avancées de suivi commercial, d’analyse fine ou de conformité sectorielle.
Pour les décideurs, la bonne question n’est pas « est-ce impressionnant? », mais « est-ce que le suivi d’actions s’améliore vraiment? ». Une étude Total Economic Impact de Forrester sur Google Workspace met en avant des gains de temps sur la collaboration selon les cas d’usage, utile pour cadrer un pilote et des indicateurs Forrester TEI sur Google Workspace .
Conclusion: gemini dans Meet peut faire gagner gros sur le duo « attention pendant la réunion » et « exécution après ». La faisabilité est bonne si Google Workspace est déjà en place, mais le bénéfice dépend de trois facteurs: règles internes, qualité audio et relecture. Le plus efficace reste un pilote court, avec une charte d’usage, puis une généralisation si les comptes rendus deviennent réellement actionnables.

