Plaud : faut-il encore prendre des notes en réunion ?
Au CES 2026, plaud met à jour sa promesse : ne plus perdre d’informations en réunion, au bureau comme en visioconférence. Le duo matériel NotePin S et logiciel Plaud Desktop vise à capter, transcrire et résumer sans effort, puis à transformer ces échanges en actions.
Dans cet article, l’objectif est simple : voir comment l’intégrer à un flux de travail professionnel, et quoi vérifier côté confidentialité avant de généraliser.
Ce que plaud met sur la table, et les profils qui y gagnent vraiment
Le premier produit est NotePin S, une épingle portable pensée pour les réunions en présentiel. Dans les faits, l’appareil s’appuie sur deux microphones, annonce une capture jusqu’à environ 3 mètres, et promet jusqu’à 20 heures d’enregistrement avec 64 Go de stockage local.

L’élément le plus « opérationnel » est un bouton de mise en avant (“highlight”) : on appuie quand une décision, un chiffre ou un engagement tombe, afin de guider le résumé automatique. En pratique, c’est une manière de réduire les résumés trop génériques, qui noient l’essentiel.
Deuxième brique : Plaud Desktop, une application de bureau qui enregistre les réunions en ligne (Zoom, Google Meet, Microsoft Teams) sans passer par un bot. Ici, “bot” désigne un compte automatique qui rejoint la réunion comme un participant, ce qui peut être intrusif et parfois bloqué par des politiques internes.
Plaud Desktop ajoute aussi de la capture visuelle (captures d’écran) et des notes au clavier, utiles quand une diapositive contient l’information clé. Dans ce contexte, l’enjeu est moins la transcription que la capacité à reconstituer ce qui a été montré et décidé.
Côté usages, quatre profils ressortent : managers enchaînant les réunions, équipes commerciales, cabinets de conseil et fonctions RH qui mènent des entretiens. Les équipes internationales y trouvent aussi un intérêt direct, plaud mettant en avant la transcription dans 112 langues.
Le problème adressé est connu : la prise de notes coupe l’attention, et les décisions “orales” finissent mal suivies. À court terme, automatiser le compte rendu vise surtout à fiabiliser les actions et à réduire les pertes d’information.
Démarrer en 15 minutes : un test pas-à-pas qui ressemble à la vraie vie
Étape A : choisir le bon mode de capture. Pour un échange en salle, NotePin S est logique si le téléphone posé sur la table capte mal, ou si l’on veut rester mains libres. Pour une visioconférence, Plaud Desktop évite le débat « pourquoi un bot rejoint l’appel », tout en gardant un déclenchement à la main.
Étape B : faire la configuration minimale utile, pas plus. On crée le compte, on fixe la langue principale, puis on ajoute un glossaire métier (noms de produits, acronymes internes, clients). Si la reconnaissance des interlocuteurs est proposée, on la teste sur un cercle réduit, sinon on prévoit une relecture courte sur l’attribution des prises de parole.
Étape C : ritualiser le bouton “highlight”, sinon il ne sert à rien. Pour les équipes, la règle la plus simple est de marquer quatre types de moments : décision actée, chiffre cité, engagement (“je m’en occupe”), et prochaine étape validée.
Étape D : demander trois livrables distincts à partir d’une même réunion, pour éviter le résumé « fourre-tout ». Un bon découpage consiste à produire (1) un compte rendu court, (2) une liste d’actions assignables, et (3) un mémo ciblé pour un destinataire précis (direction, client, équipe technique) avec les points qui le concernent.
Checkpoints qualité à passer dès la première semaine : précision de transcription, attribution des personnes, tenue en environnement bruyant, et respect des termes métier. Si les noms propres sont faux, le flux de travail s’effondre, car la recherche et le partage deviennent risqués.
Faire passer le résumé du statut de texte à celui de travail terminé
Le bénéfice réel arrive quand les notes sortent de l’application pour se transformer en décisions suivies. En pratique, quatre scénarios couvrent 80% des besoins.
Workflow 1 (compte rendu interne) : on choisit un modèle de compte rendu, puis on automatise la diffusion vers un canal unique. Selon l’organisation, cela peut être un canal Microsoft Teams, un courriel d’équipe, ou un espace de projet, l’idée étant d’éviter l’éparpillement.
Workflow 2 (tâches) : on extrait les actions, on propose un responsable et une échéance, puis on valide avant création. Pour créer des tâches dans Asana, Trello ou Jira, beaucoup d’équipes passent par Zapier (outil d’automatisation no-code), ou par export puis import, en attendant des intégrations plus directes.
Le point clé est la règle anti “tâches fantômes” : aucune action n’est créée tant que le responsable n’a pas confirmé. Sinon, on remplit les tableaux de tâches sans propriétaire, ce qui dégrade la confiance dans l’outil.
Workflow 3 (gestion de la relation client) : après un appel, on convertit l’échange en notes structurées utiles au suivi (besoins, objections, budget, prochaine étape). Sans intégration native, le plus réaliste reste un copier-coller propre ou un scénario Zapier vers HubSpot ou Salesforce, avec un contrôle humain sur les champs sensibles.
Workflow 4 (capitalisation) : on crée une page par réunion dans Notion ou Confluence, avec tags projet et liens vers décisions. À moyen terme, c’est ce qui transforme les réunions en mémoire d’entreprise, consultable par les nouveaux arrivants.
Où plaud se distingue face aux concurrents, sans promettre la lune
Plaud joue une carte hybride : captation en présentiel via un matériel discret, et captation en visio via une application qui évite le bot. Pour des organisations qui refusent les bots en réunion externe, c’est un différenciateur concret.
Face à Otter et Fireflies, plaud met aussi en avant la couverture linguistique (112 langues) et une logique de modèles de compte rendu. Cela peut compter pour des équipes multilingues, ou des métiers où la structure du compte rendu est répétitive.
Face à Notion AI, la comparaison est différente : Notion brille comme « hub » de connaissance, tandis que plaud se positionne sur la capture et la structuration de la conversation. Dans la pratique, l’association des deux est souvent plus efficace que le choix exclusif.
Critères de choix actionnables : proportion de réunions en présentiel, tolérance interne aux bots, exigences de langues, niveau d’intégration souhaité, et coût total (appareil + minutes de transcription). Plaud annonce d’ailleurs une base de 1,5 million de professionnels utilisateurs, signe d’un marché qui se structure.
Confidentialité et conformité : la checklist avant de déployer à l’échelle
Enregistrer une réunion n’est pas un détail, surtout quand des tiers participent. Le premier sujet est le consentement : annoncer l’enregistrement, et appliquer la règle la plus restrictive dès qu’il y a des participants dans plusieurs pays ou États.
Deuxième sujet : le parcours des données. Où vont l’audio, la transcription et les résumés, combien de temps sont-ils conservés, qui peut y accéder, et comment supprimer proprement un échange si un client le demande.
Troisième sujet : les cas sensibles. Les entretiens RH, la santé, le juridique ou la finance peuvent contenir des données personnelles ou confidentielles, et la simple attribution des voix peut être perçue comme une forme d’identification biométrique selon les juridictions.
Points de vigilance (questions à poser au fournisseur avant pilote) :
- Les enregistrements servent-ils à entraîner les modèles, et peut-on l’interdire contractuellement ?
- Les données sont-elles isolées client par client, et quels journaux d’accès (logs) sont disponibles ?
- Quelles certifications de sécurité sont couvertes : Organisation internationale de normalisation (ISO) 27001, et contrôles type SOC 2 (rapport d’audit de sécurité) ?
- En santé, un accord de sous-traitance de données médicales (BAA) est-il proposé, en plus de la conformité HIPAA ?
Sur ce dernier point, plaud met en avant plusieurs cadres de conformité, dont le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et ISO 27001. Pour cadrer vos exigences internes, il est utile de repartir de références stables : la synthèse officielle du RGPD par la CNIL et la page de l’ Organisation internationale de normalisation sur ISO 27001 .
Un verdict orienté entreprise : utile seulement si ça débouche sur des décisions suivies
L’intérêt de plaud est réel si l’outil s’insère dans le circuit « réunion → décisions → tâches → capitalisation », plutôt que d’empiler des résumés que personne ne relit. En revanche, un déploiement d’équipe exige une politique claire : consentement, rétention, droits d’accès et règles de partage.
La recommandation la plus sûre est de commencer par un pilote de deux semaines. On choisit deux types de réunions, un modèle de compte rendu standard, et une règle unique de diffusion, puis on mesure le temps économisé et les erreurs avant d’élargir.

