Todoist passe aux tâches à la voix avec Ramble
Une idée tombe entre deux réunions, en marchant ou en voiture. On se promet de la noter, puis elle finit en pense-bête mental qui disparaît.
Todoist promet l’inverse avec todoist Ramble : parler “en vrac”, et obtenir des tâches structurées (projet, date, priorité). Voici ce que ça change, comment l’utiliser dès aujourd’hui, et comment éviter l’inflation de tâches.
Ce que todoist Ramble change vraiment (et ce que ça ne fait pas)
Ramble est une fonction de « conversion voix en tâches (voice-to-tasks) ». Ce n’est pas une simple dictée : l’objectif n’est pas de transcrire, mais d’extraire des actions et leurs attributs.
Dans les faits, vous dictez naturellement, et l’outil propose une liste de tâches avec des champs remplis : échéances, priorités, projets, parfois des sous-tâches. Todoist présente Ramble comme disponible largement sur ses plateformes, et capable de comprendre un discours non structuré, avec un écran de prévisualisation avant validation ( annonce TechCrunch, page produit Ramble ).
La différence clé avec les commandes vocales “à l’ancienne” est la souplesse. Là où les assistants vocaux imposaient des formulations rigides, Ramble vise le langage naturel, puis “range” ce que vous avez dit. Todoist oppose d’ailleurs ce nouveau mode à ses usages historiques via assistants vocaux, plus proches d’ordres prédéfinis ( guide Todoist sur les assistants vocaux ).
Toutefois, les limites comptent autant que la promesse.
- Il faut une connexion Internet, car le traitement se fait côté service, pas hors ligne ( aide officielle Ramble ).
- Ce n’est pas un outil de planification : si vous demandez “organise mon week-end”, vous risquez d’être déçu, car l’intention est la capture de tâches.
- La fiabilité reste perfectible, surtout sur les cas ambigus. TechCrunch rapporte des taux de réussite en amélioration pendant les tests, mais encore loin d’un sans-faute ( article TechCrunch ).
- La qualité peut varier selon langue et accent, un point classique des systèmes de reconnaissance vocale.
Prise en main express : où activer Ramble et comment l’utiliser sans friction
En pratique, l’entrée est pensée pour aller vite : vous ouvrez l’ajout rapide de tâche, vous touchez l’icône de dictée, puis vous parlez. Todoist décrit un parcours “parler → prévisualiser en temps réel → corriger → valider”, qui limite le risque de créer de mauvaises tâches sans s’en rendre compte ( documentation Ramble ).
Sur mobile, l’usage est celui qu’on attend : lancer l’ajout rapide, dicter, puis confirmer. Sur ordinateur et web, Todoist met aussi en avant un usage au clavier et à l’écran, ce qui aide à corriger vite, surtout en contexte bureau ( page Ramble ).
Si ça “n’entend rien”, le dépannage est souvent basique. Dans ce contexte, une micro-checklist évite de perdre dix minutes : autorisation micro du système, micro sélectionné comme périphérique d’entrée, et autorisation micro du navigateur si vous êtes sur le web. Todoist liste ces points dans son aide, ce qui montre que c’est un irritant connu ( aide officielle Ramble ).
Cinq scénarios “à retour immédiat” pour managers et indépendants
Après une réunion, d’abord. Vous posez le téléphone et vous dictez les actions, avec dates et responsables, en moins d’une minute.
Entre deux rendez-vous, ensuite. Le gain n’est pas seulement la vitesse, c’est la continuité : capter une action sans “sortir du flux”, puis revenir à ce que vous faisiez.
Le “vidage de tête” du matin, aussi. Au lieu de taper une liste longue, vous parlez, puis vous triez, ce qui réduit l’effort de saisie au moment où vous êtes encore dans le brouillard.
Pour les équipes, la délégation devient plus fluide. Ramble peut créer des tâches assignées dans un espace partagé, ce qui colle au quotidien des managers qui enchaînent décisions et arbitrages ( collaboration dans Todoist ).
Enfin, le mélange perso et pro. Vous dictez tout, puis vous laissez l’outil router vers les bons projets, à condition que vos projets soient bien nommés et distincts.
Comment parler pour que l’IA comprenne : mini “prompting” vocal (avec exemples)
Règle 1 : marquez les frontières. Une tâche = une phrase courte, avec une micro-pause avant la suivante.
Règle 2 : donnez des ancres temporelles solides. Pour une échéance critique, dites le jour et une date, et ajoutez l’heure si nécessaire.
Règle 3 : exprimez priorité et effort. Dire “priorité 1” ou “urgent” aide, et “30 minutes” évite des tâches sans taille.
Règle 4 : corrigez en direct. “En fait jeudi”, “mets ça dans Marketing”, ou “supprime la dernière” évitent la retouche manuelle après coup.
Exemples de scripts prêts à l’emploi :
- « Appeler le client X demain à 14 h, priorité 1, et noter les objections. »
- « Envoyer le compte rendu de réunion à l’équipe, aujourd’hui avant 18 h. »
- « Préparer la version 2 du devis, pour vendredi, dans le projet Ventes. »
- « Relancer le fournisseur sur le délai, mercredi matin, priorité 2. »
- « Assigner à Sarah la présentation pour jeudi, et à John la revue API pour lundi. »
- « Planifier le point hebdo lundi à 9 h, tâche récurrente chaque semaine. »
- « Faire le suivi facture Acme, à faire avant le 30, dans Finance. »
- « Bloquer 30 minutes pour relire le contrat, demain, priorité 1. »
- « En fait, change la date : pas mardi, jeudi 16 h. »
- « Supprime la dernière tâche, je l’ai déjà faite. »
Installer Ramble dans un workflow d’équipe sans créer de “dette de tâches”
Ramble accélère tellement la capture que le risque change de camp. Le problème n’est plus d’oublier, mais de stocker trop.
Dans les équipes, la parade est simple : un passage quotidien dans la boîte de réception, et une revue hebdomadaire. Ajoutez une convention de nommage des projets, et deux ou trois étiquettes maximum pour éviter l’usine à gaz.
À court terme, fixez une règle : Ramble pour capter “à chaud”, saisie manuelle pour les tâches qui demandent du contexte long. Un exemple typique est une tâche qui doit embarquer des éléments précis, comme un extrait de mail ou un lien de dossier.
Dans ce contexte, le manager doit aussi trier plus tôt. Sinon, on délègue vite, mais on délègue flou, et l’équipe perd du temps à clarifier.
Coût, disponibilité, et points de vigilance (le vrai deal)
Côté modèle économique, Todoist joue le levier classique. L’usage de Ramble est limité en gratuit, et illimité en payant, ce qui transforme la fonction en incitation à l’abonnement ( page tarifs Todoist ).
En pratique, ça compte pour l’entreprise : si vous équipez une équipe entière, le coût devient un sujet, surtout si la dictée devient un réflexe quotidien. Il faut aussi vérifier quelles informations sont effectivement conservées selon le plan, car certaines subtilités peuvent impacter un usage professionnel.
Sur la confidentialité, Todoist affirme que l’audio est traité pour produire les tâches, mais qu’il n’est pas stocké ni utilisé pour entraîner les modèles. L’éditeur met aussi en avant une attestation de contrôles de sécurité de type rapport SOC 2 de type II (SOC 2 Type II) pour les usages en équipe ( documentation sécurité et conformité, mention SOC 2 dans Todoist ).
Enfin, il y a une dépendance technologique. D’après TechCrunch et la communication de l’éditeur, Ramble s’appuie sur une famille de grands modèles de langue (LLM) via l’infrastructure Vertex AI, avec la technologie Gemini citée côté Google ( article TechCrunch, présentation Gemini sur Vertex AI ). Cela implique latence, variabilité de résultats, et questions de conformité interne si votre direction des systèmes d’information impose des règles strictes.
Points de vigilance
- Testez la précision sur vos langues et vos accents, avec des tâches réalistes.
- Cadrez l’usage en réunion : ce qui peut être dicté, et ce qui doit rester confidentiel.
- Mettez une routine de tri quotidienne, sinon la liste gonfle sans valeur.
- Vérifiez le plan : limites de sessions, et champs réellement pris en compte.
- Documentez un “script maison” pour dates, priorités, et noms de projets.
Pour juger l’intérêt, le gain est net sur la capture “à chaud”, surtout pour les profils en réunions. Pour juger la faisabilité, l’adoption est simple, mais il faut tolérer quelques erreurs et installer un tri régulier.
La recommandation est opérationnelle : testez une semaine avec deux rituels fixes, après réunion et vidage de tête du matin. Mesurez le temps de capture, le taux de corrections, et la qualité des tâches obtenues.

